mercredi, 11 avril 2007
Anna M.
Film réalisé par Michel Spinosa, avec Isabelle Carré (Anna), Gilbert Melki (le docteur Zanevsky) et Anne Consigny (l'épouse du médecin), sur les écrans depuis le 11 avril 2007.
Le site du film.
Isabelle CARRE y joue le rôle d'une jeune femme souffrant d'érotomanie, une pathologie qui se caractérise par l'illusion délirante d'être aimé.
Synopsis : Anna M. (Anna aime, comme dans Adèle H., le film de François Truffaut), jeune femme douce et réservée, se persuade que le docteur Zanevsky est amoureux d'elle. La jeune femme va tenter, par tous les moyens, de lui faire accepter cet amour imaginaire. Mais après l'espoir, viendra le dépit, puis la haine.
Anna M. mène une petite vie. La journée, elle rénove des manuscrits pour la Bibliothèque de France. Le soir, elle partage un appartement avec sa mère et un chien. Un jour, Anna se jette sous une voiture. Elle se réveille à l'hôpital, confiée aux soins du docteur Zanevsky. L'attention professionnelle et l'écoute du médecin touchent la jeune fille qui tombe instantanément amoureuse. Rapidement, elle se persuade d'être courtisée et de vivre une belle histoire d'amour alors que le docteur, marié, ne se doute de rien. Petit à petit, les intrusions d'Anna dans sa vie vont se faire de plus en plus pressantes...
Ce film a été tourné à Paris puis à Lyon en avril-mai 2006.
Sur les sites de cinéma
filmdeculte.com.
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Film présenté à la sélection officielle du festival du film de Berlin 2007
LIAISON FATALE
Pour son retour sur grand écran après sept ans d'absence, Michel Spinosa, le réalisateur d'Anna M., a dû avoir du mal à convaincre des producteurs. Car, reconnaissons-le d'emblée, ce n'est pas par son synopsis que son nouveau long métrage peut espérer séduire. Mais Anna M. pourrait être l'exemple le plus implacable à qui veut prouver que le cinéma n'est pas qu'histoire. Car comédiens et mise en scène sont ici au diapason pour donner vie à un terrible drame, celui de l'amour rêvé et absolu (Anna M., « Anna aime »). Avec sa mise en scène tour-à-tour classique et emportée, Spinosa enferme Anna toujours plus loin dans sa folie et sa solitude, mais sans jamais en faire trop. En se plaçant à l'ombre du Cantique des cantiques (poème biblique autant qu'amoureux), il donne à son histoire des airs de belles tragédies antiques. Mais la plus extraordinaire idée de Michel Spinosa est sans conteste d'avoir confié son rôle principal à Isabelle Carré. De tous les plans, elle est constamment sublime, atteignant une gravité qu'on ne lui connaissait pas vraiment. Anna ne se fait pas aimer. Mais Isabelle Carré, personne ne peut lui résister !
Camille Brun
Mcinema.com
C’est à Isabelle Carré que l’on doit le deuxième choc de la matinée avec Anna M. de Michel Spinosa. Dans la peau d’une jeune femme déséquilibrée, qui se prend d’un amour obsessionnel – et non réciproque - pour le médecin qui l’a opérée à l’hôpital, elle est franchement bluffante. Son visage juvénile sème parfaitement le doute quant à la personnalité d’un personnage dont on ne devine que peu à peu le danger, le malaise du spectateur croissant avec celui de Gilbert Melki, qui interprète le malheureux médecin sur lequel elle a jeté son dévolu. Passant par les phases les plus extrêmes de la passion amoureuse et de la paranoïa, Isabelle Carré révèle une violence que ses précédents rôles n’avaient pas forcément laissé deviner. Chapeau.
Mathilde Lorit
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Michel Spinosa conçoit et réalise d'abord trois courts-métrages : "Un cadeau de Noël" (1986), co-réalisé avec Gilles Bourdos, "La Rue Ouverte" (1988) et "La Jeune fille et la mort" (1991), avant de passer en 1994 au long-métrage en signant "Emmène-moi" avec Karin Viard, Antoine Basler, Bruno Putzulu. Son deuxième long-métrage "La Parenthèse enchantée", sorti en 2000, s'intéresse au destin de cinq personnages et à une époque, "...enchantée...", les années soixante-dix. De nombreux jeunes comédiens y sont réunis : Clotilde Courau, Vincent Elbaz, Géraldine Pailhas, Karin Viard et Roschdy Zem. Michel Spinosa a, en outre, co-écrit le premier long-métrage de Gilles Bourdos "Disparus" en 1998, et le second "Inquiétudes", sorti en 2004.
Le site du film.
Isabelle CARRE y joue le rôle d'une jeune femme souffrant d'érotomanie, une pathologie qui se caractérise par l'illusion délirante d'être aimé.
Synopsis : Anna M. (Anna aime, comme dans Adèle H., le film de François Truffaut), jeune femme douce et réservée, se persuade que le docteur Zanevsky est amoureux d'elle. La jeune femme va tenter, par tous les moyens, de lui faire accepter cet amour imaginaire. Mais après l'espoir, viendra le dépit, puis la haine.
Anna M. mène une petite vie. La journée, elle rénove des manuscrits pour la Bibliothèque de France. Le soir, elle partage un appartement avec sa mère et un chien. Un jour, Anna se jette sous une voiture. Elle se réveille à l'hôpital, confiée aux soins du docteur Zanevsky. L'attention professionnelle et l'écoute du médecin touchent la jeune fille qui tombe instantanément amoureuse. Rapidement, elle se persuade d'être courtisée et de vivre une belle histoire d'amour alors que le docteur, marié, ne se doute de rien. Petit à petit, les intrusions d'Anna dans sa vie vont se faire de plus en plus pressantes...
Ce film a été tourné à Paris puis à Lyon en avril-mai 2006.
Sur les sites de cinéma
filmdeculte.com.
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Film présenté à la sélection officielle du festival du film de Berlin 2007
LIAISON FATALE
Pour son retour sur grand écran après sept ans d'absence, Michel Spinosa, le réalisateur d'Anna M., a dû avoir du mal à convaincre des producteurs. Car, reconnaissons-le d'emblée, ce n'est pas par son synopsis que son nouveau long métrage peut espérer séduire. Mais Anna M. pourrait être l'exemple le plus implacable à qui veut prouver que le cinéma n'est pas qu'histoire. Car comédiens et mise en scène sont ici au diapason pour donner vie à un terrible drame, celui de l'amour rêvé et absolu (Anna M., « Anna aime »). Avec sa mise en scène tour-à-tour classique et emportée, Spinosa enferme Anna toujours plus loin dans sa folie et sa solitude, mais sans jamais en faire trop. En se plaçant à l'ombre du Cantique des cantiques (poème biblique autant qu'amoureux), il donne à son histoire des airs de belles tragédies antiques. Mais la plus extraordinaire idée de Michel Spinosa est sans conteste d'avoir confié son rôle principal à Isabelle Carré. De tous les plans, elle est constamment sublime, atteignant une gravité qu'on ne lui connaissait pas vraiment. Anna ne se fait pas aimer. Mais Isabelle Carré, personne ne peut lui résister !Camille Brun
Mcinema.com
C’est à Isabelle Carré que l’on doit le deuxième choc de la matinée avec Anna M. de Michel Spinosa. Dans la peau d’une jeune femme déséquilibrée, qui se prend d’un amour obsessionnel – et non réciproque - pour le médecin qui l’a opérée à l’hôpital, elle est franchement bluffante. Son visage juvénile sème parfaitement le doute quant à la personnalité d’un personnage dont on ne devine que peu à peu le danger, le malaise du spectateur croissant avec celui de Gilbert Melki, qui interprète le malheureux médecin sur lequel elle a jeté son dévolu. Passant par les phases les plus extrêmes de la passion amoureuse et de la paranoïa, Isabelle Carré révèle une violence que ses précédents rôles n’avaient pas forcément laissé deviner. Chapeau.
Mathilde Lorit
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Michel Spinosa conçoit et réalise d'abord trois courts-métrages : "Un cadeau de Noël" (1986), co-réalisé avec Gilles Bourdos, "La Rue Ouverte" (1988) et "La Jeune fille et la mort" (1991), avant de passer en 1994 au long-métrage en signant "Emmène-moi" avec Karin Viard, Antoine Basler, Bruno Putzulu. Son deuxième long-métrage "La Parenthèse enchantée", sorti en 2000, s'intéresse au destin de cinq personnages et à une époque, "...enchantée...", les années soixante-dix. De nombreux jeunes comédiens y sont réunis : Clotilde Courau, Vincent Elbaz, Géraldine Pailhas, Karin Viard et Roschdy Zem. Michel Spinosa a, en outre, co-écrit le premier long-métrage de Gilles Bourdos "Disparus" en 1998, et le second "Inquiétudes", sorti en 2004.
16:45 Publié dans 2. Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
"Anna M, une femme jalouse", interview avec Michel Spinosa, le réalisateur du film, le 6 avril 2007
Emmène-moi, premier long métrage du Français Michel Spinosa, remonte à 1994, année où il avait participé au Festival de Locarno. Le scénario était co-écrit par Gilles Bourdos, avec lequel Spinosa a continué d'écrire des histoires filmées par Bourdos (le plus récent étant Inquiètudes) tout en composant seul le scénario de ses propres films.
Son troisième film en tant que scénariste-réalisateur, Anna M, est interprété par la versatile Isabelle Carré qui y incarne une érotomane persuadée que son médecin (Gilbert Melkhi) est amoureux d'elle, alors qu'il est marié et heureux en couple.
Ce film d'atmosphères très intense psychologiquement a été présenté dans la section Panorama du récent Festival de Berlin (lire l'info), où Cineuropa a pu rencontrer le metteur en scène dans l'ambiance feutrée du bar à vin d'Unifrance.
Anna M. sort en France et en Belgique le 11 avril.
Cineuropa : En tant que Français présent à Berlin, comment définiriez-vous le cinéma européen ?
Michel Spinosa : Je ne sais pas vraiment. Naturellement, j'ai été nourri du travail des cinéastes européens et c'est ce qui m'a construit comme réalisateur. Les cinématographies britannique, espagnole, italienne, allemande, suédoise et danoise mettent toutes en avant les auteurs et s'inspirent d'oeuvres poétiques. Ceci étant, je ne sais pas bien dire ce que les réalisateurs européens auraient tous en commun.
Quelle idée originale vous a amené à réaliser Anna M ?
MS : J'ai toujours eu de l'intérêt pour les histoires d'amour compliquées ; ça a toujours été mon rayon. Tout a commencé avec l'idée que je voulais faire un film sur la jalousie. J'ai lu un livre, écrit par un psychologue, sur l'érotomanie ["La jalousie amoureuse" de Daniel Lagache] et j'ai développé une fascination pour les récits de gens souffrant de cette condition. Cela renverse le principe de la jalousie et c'est ce qui m'a intrigué ; aux États-Unis, l'idée aurait abouti à une variante de Fatal Attraction mais je pense qu'en Europe, on peut faire un film adoptant le point de vue de quelqu'un de "fou" et continuer de suivre cette personne, autant que possible, tout au long du film. Il faut tâcher d'être honnête par rapport au personnage sans perdre l'intérêt des spectateurs.
Anna est restauratrice de livres anciens ; elle est donc confrontée avec la fiction et ses clichés romantiques idéalisés tous les jours. Dans quelle mesure son travail influe-t-il sur sa personnalité ?
MS : Son travail est, bien entendu, très solitaire. Elle est déjà coupée du reste du monde, dans un sens, et son monde est un peu sans date, il est plutôt universel et hors du temps. Les décors, les éclairages et la musique ont été conçus avec cette idée en tête.
L'atmosphère du film est en effet très particulière. Qu'est-ce qui a déterminé le style du film ?
MS : On peut noter une influence de la période baroque et du style des peintres du XVIIème, comme Zurbarán, Rembrandt et de la Tour. Dans leurs travaux, la lumière fait souvent "irruption" pour transformer le profane en mystique, or les érotomanes voient eux aussi le monde sous un jour différent. La caméra reste proche du point de vue d'Anna et de son corps. Dans le film, elle est constament en mouvement, mais on se sait pas bien où elle va, comme si elle avançait dans un labyrinthe.
La force du film vient pour beaucoup de l'interprétation téméraire d'Isabelle Carré.
MS : Le choix d'Isabelle n'a pas été difficile : c'est une excellente actrice. Elle paraît fragile et gentille à la fois et les spectateurs ont envie de la protéger du danger, ce qui permet de les mettre de son côté. Les érotomanes, notamment les femmes, interprètent tout comme des signes et sont très inventifs. Ce deuxième caractère est aussi présent chez Isabelle et Anna est tout autant sa création que la mienne.
Boyd van Hoeij
Ecrit par : CINEUROPA | mercredi, 11 avril 2007
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